Vers la lumière...

 

Décembre et les spectacles de Noël viennent me réchauffer : de ''Janneman'' à ''Quand revient la lumière'' en passant par ''Si tu savais...'', il y aura toujours un sapin illuminé pas loin ;)

En souvenir du nouvel an celte célébré le 31 octobre dernier, vous trouverez ici un teaser de présentation de notre balade contée d'entre les mondes pour prolonger la magie ou vous en donner envie!

Et puis ''Le prince-serpent'' revient à Bruxelles le 7 et les Crépusculaires proposent leur deuxième soirée poésie à l'Harmonium (B) le 15. La poète choisie est Sylvia Plath, à qui je rends hommage dans mon poème du mois (ci-dessous).

Enfin last but not least, une petite annonce déjà pour janvier:le 12, j'ai la joie de participer à la journée professionnelle de Chiny (B) pour présenter un extrait de ''Antre[s]'' si précieux pour moi.

D'ici là, je vous promets de rêver pour vous et moi et tous à la renaissance de 2018...

Agenda

  • 27/11; 04 et 11/12/17

    Formation d'initiation au conte au TAPS à Namur (B)
  • 07/12/17

    "Le prince-serpent" à l'Arrière-Scène (Bruxelles)
  • 15/12/17

    Soirée poésie sur Sylvia Plath à l'Harmonium, Uccle (B) avec Catherine Pierloz et Jonathan Boulanger
  • 19/12/17

    "Janneman" spectacle bilingue à Anderlecht
  • 22/12/17

    "Si tu savais..." à la bibliothèque d'Ixelles (B)
  • 23/12/17

    "Quand revient la lumière - contes de la saison d'hiver"' à Woluwé (B)
  • 12/01/18

    "Antre[s]" à la journée professionnelle de Chiny infos www.conte.be

Mon "poème" du mois de décembre...

Vous retrouverez tous mes poèmes dans l'onglet "Ecrits"

17# Pour Sylvia

AVANT

Petite fille candide.

Cheveux clairs, visage enfantin - comme un elfe aux grands yeux et à l'air étrange.

Corps juvenile. Longtemps. Souple. Comme une liane ou une belette. Fluide. Tremblant. Comme un faon aussi. Course légère. Envolées soudaines. Arrêts brusques.

Regard. On disait de ses yeux qu'ils étaient d'or. On disait quels beaux yeux elle a.

Elle ne comprenait rien. Elle regardait et se taisait. Elle écoutait. Tous leurs mots rentraient en elle. Enfouis dans la terre de son coeur. Son esprit en dormance. Travaillant en silence. Creusant des galeries et augurant des ramifications. Plongeant jusqu au centre, dans le feu, de là où naît toute vie. Toute potentialité de vie. Et toute force.

 

MAINTENANT

Fille. Femme. Quelle est la différence ?  Elle a peur. L'image qu'elle avait d'elle ne correspond plus. Plus du tout à ce qu'elle est devenue.

Ils aiment sa fausse candeur à présent. C'est ce qu'ils disent. Ils disent aussi que c'est ainsi qu'elle se protège.

Ils aiment ses courbes. Bien sûr. C'est d'abord ça qu'ils voient.

Ils veulent être désirés par elle, de la même façon qu'ils la désirent. Exactement de la même façon. Une façon tyrannique. Qu'elle n'arrive pas à reproduire. Ils veulent lui faire perdre la tête. Parce qu'ils ragent d'avoir perdu la leur alors qu'elle n'a rien fait pour ca. Car elle est naïve. Et ils le savent. Et ils en jouent.

Et elle est timide. D'une certaine facon. Et ça leur plaît. Mais ils la veulent un peu salope aussi. C'est le terme qu'ils utilisent. Pourtant, quand ils la découvrent un peu moins timide que prévu, ils sont apeurés. Car ils perdent le pouvoir. Ils perdent la domination. Elle n'est à nouveau pas celle qu'ils croyaient. Elle leur échappe. Elle n'est déjà plus là. Elle n'est déjà plus à eux. Elle est comme un mirage. Insaisissable.

 

BIENTOT

Fière. Voluptueuse. D'une démarche féline, réapprivoisée de l'enfance. Ce temps d'enfance, époque révolue et si présente encore, pourtant, et malgré tout. C'est ainsi qu'elle sera.

Elle aura travaillé sa candeur. Vraie ou fausse. Elle saura comment avoir l'air ingénue. Et croire vraiment qu'elle l'est. Sur le moment même. Elle saura en jouer. Dans la façon de regarder. De parler. De bouger.

Chaque jour elle ira dans son antre. Se ressourcer. Raviver sa vigueur. Replonger dans ses racines solides. Faire émerger une canopée qui sortira d'elle, fleurira même et accueillera toutes sortes de créatures.

Un jour, elle sera prête. 

Quand ce jour sera venu, elle sera. Effrayante et grandiose, terriblement lumineuse. Et de la cendre elle surgira, avec ses cheveux devenus rouges. Et tous, elle les dévorera.

 

Julie Boitte | janvier 2017
en hommage à la poète Sylvia Plath à partir de sa phrase " de la cendre je surgis avec mes cheveux rouges et je dévore les hommes"