Et sinon?

 

Forcément, au bout d'un moment, "Très lentement, les bords déchiquetés du monde se ressoudèrent" *(c'est la même phrase que pour l'edito d'il y a 3 mois..)

On a continué en poésie, rock et électro, avec Mocosès - entre temps nous avons trouvé notre nom de duo donc ;) avec Ricardo Depine, sur le spectacle intitulé "Dis-toi que ton coeur est celui d'une bête sauvage" - oui on garde ce long titre..

La photo ci-contre est une oeuvre de Christina Bothwell: "While You Are Sleeping" qui nous semble correspondre magnifiquement à ce qui se traverse au fil des textes et de la musique. On a tellement hâte de monter sur scène avec ce projet!

Puis Ici et interview et histoires toujours à écouter *******

Et un poème, ci-dessous.

Portez-vous bien!

 

* in "Terremer" de Ursula K. Le Guin

Agenda

  • mars 2020-mars 2021

     

    On garde espoir ;)

    On travaille dans la cave pour le duo Mocosès, qui décharge tant de bonne énergie!

    On lit des romans comme "Agrapha" de l'amie Luvan, génialissime!

    On fait du yoga et on dit aux gens qu'on aime qu'on les aime (et là je ne vous mets pas de lien^^

Le Poème du moment

Les poèmes précédents se retrouvent dans l'onglet "Ecrits"

Ce savoir-là

Comment savoir quand on est morte?
Comment en être sûre?
Tant de mort.e.s ne veulent pas partir, parce qu'ilelles ont été surpris.es et n'ont pas compris.
 
Comme cet homme resté sur le chemin devant chez lui, car il ne savait pas.
Comme cette jeune fille qui ne pouvait plus franchir les portes du jardin.
Les mort.e.s ne se savent pas toujours.
 
Et nous? Comment sommes-nous si sûr.e.s d'être vivant.e.s?
Quand on a si mal?
Quand on voudrait dormir tout le temps?
Quand on rêve un orgasme incessant
Pour pouvoir mourir dedans?
Oui.
C'est ça.
 
Toutes ces morts tous ces départs
Comment est-on si sûr.e.s d'y avoir survécu?
Comment être certaine que je ne suis pas vraiment morte sur le sol de la salle d'exposition évanouie parce que j'étais si
High.
Ou quand je me suis recroquevillée si fort
jusqu'à ne faire qu'une avec le pommier
pour étouffer les battements désordonnés
de mon cœur
quand j'ai cru que tu m'avais quittée?
Ou quand Marie-Jeanne était dans ce cercueil ouvert et que j'ai eu si envie de m'y jeter?
Ou quand j'étais Saint-Sébastien transpercé parce que je l'avais demandé à
La Madre?
Ou quand ma mère à moi ne me regardait et ne me parlait pas alors que je n'étais
qu'une enfant, que j'étais SON enfant?
 
Comment puis-je être sûre d'avoir survécu à tout cela?
Comment avoir la certitude que je ne suis pas passée de l'autre côté et que les autres ont juste peur de me le dire parce qu'ilelles en ont assez de me voir encore
Pleurer?
 
Je ne suis pas certaine.
Je ne la sens pas, parfois, cette vie qui pourtant devrait circuler dans mes veines.
 
Mais quand je la sens, c'est qu'elle me transporte.
Quand je la sens, je suis plus qu'humaine
Quand je la sens, c'est car la grâce
Me touche
Et que par hasard, je suis sur scène.
Traversée
Par quelque chose de plus grand de plus beau de plus puissant
Que moi.
Alors là oui je sens la vie.
 
Comme quand je suis près de toi
Et que toi aussi
Tu es vraiment là.
 
 
Julie Boitte | janvier 2021