#45 Les grands oiseaux blancs
Julie Boitte| 17/02/2026
Il y a eu de la vie ici.
Il y a eu des éclats de rire
et de la tendresse
parfois
oui.
Ces couleurs reflétées par les vitres
toutes ces couleurs
- résonnant sur le béton -
qui m’enivrent
chaque fois.
Il y a toujours
ce bonheur de ne pas me sentir seule
- jamais -
quand je pense à cet endroit.
Même s’il est déserté maintenant
et peut-être encore plus
depuis qu’il est abandonné.
Car la végétation l’envahit sans cesse sans jamais s’arrêter.
Elle sera toujours là
bien après les humaines.
Elle était là avant elle sera là après
et les couleurs aussi.
Les formes qu’elle dessine,
la vie qu’elle continue de porter,
sera toujours là
toujours
toujours là.
Julie Boitte| 30/10/2025
#44 The Forest
I'm going to the trees
and the night
or the sunset.
So far away
and not close
- nevermore never nevermore,
close to your
town, complications, unability
- I'm sorry
sorry for you -
your unability to be
here with me.
And not only
only with yourself.
I'm going to the green
in my surroundings
or far away.
But the wind
soft or strong
everafter and always
able to clean
my mad spirit.
And the woods
into the wild
always, definitely always
secure for me.
Because I'm
not alone, never
alone with sounds
and atmosphere and
perfumes and skins
of the forest.
Julie Boitte| 08/03/2025 | inopinément en anglais lors d'un atelier d'écriture queer à Bxl
#43 L'Autre Monde
Je cherche.
Une maison pour la nuit
un abri pour le jour
un endroit de repos.
Je cherche.
Une maison où dormir
un abri pour sourire
un endroit de plaisir.
Je cherche.
Un lieu où respirer
l'air pur à grandes goulées...
Je cherche!
Un endroit d'ouverture
où tes yeux seraient là
pour me rendre plus pure,
plus fraîche, et plus mature.
Je cherche...
Julie Boitte | mars 2007
Je pourrais croire que tu danses.
Si tu n'avais pas le pied gauche accroché à une corde.
Mais même ainsi, tes jambes sont comme des lianes, agiles, solides aussi.
Qui pourraient te soutenir, t'ancrer droit dans la terre, si tu n'avais pas la tête à l'envers.
Tu as l'air de rêver.
Tu ne souris pas vraiment mais tu sembles serein.
On dirait que tu flottes, dans l'espace – comme un cosmonaute, ou dans l'eau – comme un homme grenouille.
L'or et l'argent sortent d'entre tes coudes.
Tes cheveux sont d'un ange. Ils te nimbent d'une aura étrange.
Mais tu n'es pas seul.
Mes frères t'encadrent.
Comme s'ils se mettaient à ton diapason.
Comme s'ils veillaient sur toi, humain-trésor, jeune homme précieux, irremplaçable.
Leurs feuillages sont à la même hauteur que ton visage.
Leurs feuilles étoilées répondent par leur forme à la couleur de tes cheveux d'or.
Tu flottes, tu planes : ils s'enracinent pour toi.
Tu es apaisé : ils sont dans l'ailleurs, loin du réel.
Ils sont la nature forte, pour toi.
Tu te laisses faire par eux.
Tu bois leur présence.
Sans aucune résistance.
Ils veillent. Ils vieilliront au-delà de toi. Ils sont dressés mais non tendus.
Ils sont debout mais ne tuent pas.
Ils sont.
Sages par essence. Stoïques. Résistants. Inébranlables. Millénaires. Universels.
Arbres.
Julie Boitte | mai 2016 - sur la carte du tarot de Oswald Wirth, dans le cadre du projet "De sève et de son"