# 46 Bascule
#37 Psyché
(...) Tu es près de lui. Près de lui, et seule. Lucide. Donc. Enfin.
Tu es seule mais
Tu n'as plus peur.
Dans l'aridité des montagnes, tu n'es pas perdue. Tu n'es plus
à sa merci. Tu n'es plus
à la merci des becs des corneilles qui envient tes yeux. Tu es l'une d'entre elles.
Clairvoyante. Tu vois. Même les yeux fermés.
Tu sais qui il est. Tu sais qui tu es.
Tu as déchiré le voile : Not Anymore Eyes Wide Shut.
Tu-sais-qui-tu-es-tu-sais-qui-il-est.
Tu ne fuis pas.
Tu restes. Et tu pars à la fois.
Hors du jardin. Et jusque dans les bois. (...)
Julie Boitte | extrait de "Psyché" poésie électro-rock de "Dis-toi que ton coeur est celui d'une bête sauvage"
#33 Pieces of me
Pieces Of Me
Que je vous donne
sans compter.
Je me les arrache pour vous plaire,
Pour que vous m'aimiez
Que vous me disiez qui je suis,
Beauté.
Pieces Of Me
Que je lacère,
Eperdument.
Je m'étonne même de voir mes ongles, en sang
Tandis que tu cries ton désir
Pour que je t'aide à revenir
dans ton corps.
Pieces Of Me
Dilapidés
Dispersés.
Je les ai jetés pour voir, savoir
Comment être VUE enfin reconnue
Et qu'au lieu de me vider
De mon sang
Je reprenne vigueur, et force.
Pieces Of Me
Que je regarde
Avec tendresse
Je les ramène à moi, non pas pour les thésauriser
Mais pour les laisser reposer
Puis les offrir, enfin, après
Avec tendresse justesse amour
Et sans rien oublier
Pieces Of Me
Que je lacère.
Je me les arrache
pour vous plaire
Des bouts de moi dilapidés
Dont je ne peux rien
Effacer
Pieces Of Me
Pieces Of Me
Julie Boitte | mars 2021
Mon coeur est enchaîné.
Mes pensées sur des rails.
Et mon corps est souffrant.
Tout me ramène à toi.
Pourtant, je sais.
Nos souvenirs n'existent pas.
Et mes rêves ... sont des rêves.
Trop tard. Trop loin.
Et trop émouvant.
Même s'il n'y a que moi qui l'avoue.
Je préfère dormir. Enfin. Après tous ces tourments, cet élan contrarié.
Dans mon sommeil, tout est possible. Je peux tout reconstruire. Je peux tout recréer.
Et chaque moment à peine esquissé dans la réalité se déploie, prend de l'envergure, et s'envole, dans le ciel enflammé. Comme un oiseau magique, phénix toujours mourant, mais toujours renaissant.
Embrasement sans repos. Sans repos.
Car seul le ciel, me console. Du crépuscule ou de l'aube naissante.
Le ciel seul est un espoir. Pour que l'horizon s'ouvre à nouveau. Malgré tout. Malgré moi.
Et sans toi.
Julie Boitte | mai 2017 | Essai sur une belle au bois dormant. Dont le prince ne revient pas.