écrits

#49 Drug

 
Drug it was.
Yes?
Yes, he was:
blond hair, smooth voice, blue eyes.
And he knew all the time
how to keep me.
But not too close.
Just enough. And never enough.
Every time I tried to leave,
he said how much he loved me
- He was just saying it. He never did anything.
Or only what he liked -
and he kept saying 
how much
I was hurting him.
Me?
I wanted anything but to hurt him. 
So, I was bleeding myself dry.
I stayed, again.
I loved him
So
Madly.
It was drug.
He was
Drug.
And I was
Addict.
 
 
Julie Boitte | 25.11.2025

# 47 Prendre 

Tu ne peux pas t'empêcher de prendre

ce qui est en moi

ce que tu vois de l'extérieur

ce qui te plaît à l'intérieur.

Tu ne peux pas t'empêcher de te l'approprier

Et de croire que tout vient de toi,

que moi, je n'y suis pour rien.

Tu ne peux pas t'empêcher de me piller jusqu'au plus profond de moi, de mes aspirations

Je n'aurais jamais dû les formuler à haute voix

devant toi.

Je ne devrais pas me vanter de qui je ne suis pas

- encore -

ni de mes rêves sans limites

- aucunes -

Tout ça parce que je veux exister à tes yeux et aux yeux de touxtes celleux autour

Tout ça parce que je veux qu'on m'aime.

Prend tout si tu veux.

Moi, je te laisse

Je pars.

Je vais chercher qui je suis.

Je reviens

- mais pas vers toi -

dès que j'ai fini.

 

Julie Boitte | 15/08/2025

#46 Passion

I remember
what we were
what we tried to be
- both of us -
so hard
with so much illusion.
 
I remember
in which way we met
so long ago
and how we went down so deep
to keep that dream alive
- both of us -
 
I remember
the love we had
and how addicted we were
- both of us -
to the intensity
even if it hurt
even more if it made us bleed.
 
I remember
and I've had so many tears
for such rare moments of peace and happiness
when I was with you.
Now, it 's the end,
once again and for real.
I wish
a better life
- for both of us -
really
deeply
without violence
with enormous gentleness.
At last.
 

Julie Boitte| 16/07/2025 

# 47 Blue Valentine

Nous n’irons plus jamais

là où tu avais peur

là où tes mains tremblaient.

 

Tu es parti avant

ou peut-être n’ai-je fait

que rêver ta venue.

 

Il ne me reste rien

que mes rêves brisés

mes illusions

incapables de faire tenir debout

le lien que j’inventais.

 

C’est mon super pouvoir

y croire tellement fort

que les autres un moment

comme à une petite fille qu’on ne veut pas blesser

laissent tomber eux aussi

la réalité.

 

Et quand elle resurgit – car elle le fait toujours

ce monde bleu étoilé que j’avais si intensément tissé

s’écroule.

Ne reste alors de toi

que l’enveloppe vide

le costume trop brillant que je t’avais taillé.

Dedans tu es perdu, tu te défends, tu vrilles, tu te débats

et je comprends enfin que ce lien forcené

n'existe pas.

 

Julie Boitte| 14/02/2025

#37 Psyché

 

(...) Tu es près de lui. Près de lui, et seule. Lucide. Donc. Enfin.

Tu es seule mais

Tu n'as plus peur.

Dans l'aridité des montagnes, tu n'es pas perdue. Tu n'es plus

à sa merci. Tu n'es plus

à la merci des becs des corneilles qui envient tes yeux. Tu es l'une d'entre elles.

Clairvoyante. Tu vois. Même les yeux fermés.

Tu sais qui il est. Tu sais qui tu es.

Tu as déchiré le voile : Not Anymore Eyes Wide Shut.

Tu-sais-qui-tu-es-tu-sais-qui-il-est.

Tu ne fuis pas.

Tu restes. Et tu pars à la fois.

Hors du jardin. Et jusque dans les bois. (...)

 

Julie Boitte | extrait de "Psyché" poésie électro-rock de "Dis-toi que ton coeur est celui d'une bête sauvage"

9# Me libérer

Me libérer.

Me libérer de vous. Me libérer de toi.

Mais d'abord, me libérer de moi.

JE ME libère pour partir.

Pour m'envoler.

Pour que mon désir tyrannique ne m'enchaîne plus au sol.

M'envoler parce que le monde m'appelle. Parce je veux me fondre dans le paysage.

Caméléon je suis.

Parce qu'on me confond toujours avec quelqu'un d'autre. Parce que je suis invisible déjà. Depuis toujours.

A côté de quelqu'un d'autre, je disparais. Tu ne me vois plus.

Parce que moi, je n'insiste pas. Si tu préfères du clinquant, du minaudant, c'est ton histoire. Je ne me soumettrai pas. Je suis de la nuit. De la pénombre. De la lune.

Je n'essaierai pas de te séduire. Parce que séduire c'est se mettre à la merci. Et j'ai déjà donné.

Solitaire, de toujours. Misanthrope. Et sans attaches - oh je voudrais oui je voudrais tant parfois, comme si ça empêchait de souffrir, pfffff.

Mais je peux aussi m'évanouir dans le brouillard de mes rêves. Bien plus vite que tu ne le crois. Et bien plus soudainement. Fais moi confiance: bien plus soudainement.

 

Julie Boitte | avril 2017

 

4# Frémir

Je veux ton souffle, tes mains et ton regard.

Je veux ton audace et tes yeux encore.

Tes yeux toujours, la façon que tu as de les poser sur moi, sans pudeur.

Je veux tes mots. Parfois bateaux, toujours au moment où il faut.

Je veux tes doigts qui courent sur mon cou.

Je veux ta bouche sur mon visage.

Je veux ton rire quand je te défile mes lèvres.

Et je veux ta supplication.

Je veux nos promenades la nuit sous les étoiles, mon visage dans ton cou quand on joue à me cacher.

Je veux ce souvenir pour dans 20 ans, de cette vue appelée "... du paradis" dont tu n'as rien su car il faisait nuit. Et ton sourire et tes mains qui me saisissent un instant avant que je ne m'enfuie. Encore.

Avant que je ne sois vraiment troublée puis rendue à mes démons. Dont la légèreté et l'humour ne font pas partie.

Je veux ce frisson.

Je veux ce frisson de toi. Mieux encore. Et que je m'amuse. Et que tu joues. Mieux encore. C'est comme si nous avions eu notre répétition avant la première.

Même s'il ne doit y en avoir qu'une...

 

(Ps : je te poserai la question avant "cela peut-il se produire plusieurs fois avec la même?"..)

 

Julie Boitte | août 2016 en vue d'une soirée de poésie érotique

 

2# Intact

 

 Il y a eu quelqu'un ici -c'est évident

quelqu'un qui vivait

quelqu'un qui aimait

puis qui est parti

jamais revenu/ jamais

il y a eu quelqu'un

assis sur ce tabouret/ de velours

assi-se se brossant les cheveux/ brosse en nacre/ cheveux d'or

miroir au cadre de bois sculpté

de roses

épanouies

offertes

écloses

 

elle aussi

ses yeux sont charbonneux

mi clos

sa robe est dégrafée

tombe sur son épaule qui attend d'être embrassée

quelles lèvres viendront ici ce soir ?

Quelle peau viendra contre la sienne après avoir ôté les soies du jupon, les lacets du corset

après avoir gardé les bijoux scintillants

à la lumière dorée/ des bougies

 

elle attend

se poudrant

se parfumant

 

Les tentures lourdes sont tirées devant les fenêtres

de la rue on ne distingue qu'une faible lueur

quelqu'un est arrivé ce soir

et elle a tout quitté

tout ce qui avait fait sa vie/ jusqu'ici

pour un ailleurs

un monde plus beau qu'on lui avait promis

 

depuis le miroir est tout piqué

les flacons sont tout ternis

une fine couche de poussière a tout recouvert

 

mes chaussures sont lacées jusqu'à mi mollet

les talons pointus ne font qu'une trace légère dans la poussière

je m'assois devant le miroir

je brosse mes cheveux avec la brosse de nacre

les yeux mi clos

j'attends

à la porte de l'appartement, qui viendra frapper ?

 

Julie Boitte |  10.11.15