#49 Drug
# 47 Prendre
Tu ne peux pas t'empêcher de prendre
ce qui est en moi
ce que tu vois de l'extérieur
ce qui te plaît à l'intérieur.
Tu ne peux pas t'empêcher de te l'approprier
Et de croire que tout vient de toi,
que moi, je n'y suis pour rien.
Tu ne peux pas t'empêcher de me piller jusqu'au plus profond de moi, de mes aspirations
Je n'aurais jamais dû les formuler à haute voix
devant toi.
Je ne devrais pas me vanter de qui je ne suis pas
- encore -
ni de mes rêves sans limites
- aucunes -
Tout ça parce que je veux exister à tes yeux et aux yeux de touxtes celleux autour
Tout ça parce que je veux qu'on m'aime.
Prend tout si tu veux.
Moi, je te laisse
Je pars.
Je vais chercher qui je suis.
Je reviens
- mais pas vers toi -
dès que j'ai fini.
Julie Boitte | 15/08/2025
#46 Passion
Julie Boitte| 16/07/2025
# 47 Blue Valentine
Nous n’irons plus jamais
là où tu avais peur
là où tes mains tremblaient.
Tu es parti avant
ou peut-être n’ai-je fait
que rêver ta venue.
Il ne me reste rien
que mes rêves brisés
mes illusions
incapables de faire tenir debout
le lien que j’inventais.
C’est mon super pouvoir
y croire tellement fort
que les autres un moment
comme à une petite fille qu’on ne veut pas blesser
laissent tomber eux aussi
la réalité.
Et quand elle resurgit – car elle le fait toujours
ce monde bleu étoilé que j’avais si intensément tissé
s’écroule.
Ne reste alors de toi
que l’enveloppe vide
le costume trop brillant que je t’avais taillé.
Dedans tu es perdu, tu te défends, tu vrilles, tu te débats
et je comprends enfin que ce lien forcené
n'existe pas.
Julie Boitte| 14/02/2025
#37 Psyché
(...) Tu es près de lui. Près de lui, et seule. Lucide. Donc. Enfin.
Tu es seule mais
Tu n'as plus peur.
Dans l'aridité des montagnes, tu n'es pas perdue. Tu n'es plus
à sa merci. Tu n'es plus
à la merci des becs des corneilles qui envient tes yeux. Tu es l'une d'entre elles.
Clairvoyante. Tu vois. Même les yeux fermés.
Tu sais qui il est. Tu sais qui tu es.
Tu as déchiré le voile : Not Anymore Eyes Wide Shut.
Tu-sais-qui-tu-es-tu-sais-qui-il-est.
Tu ne fuis pas.
Tu restes. Et tu pars à la fois.
Hors du jardin. Et jusque dans les bois. (...)
Julie Boitte | extrait de "Psyché" poésie électro-rock de "Dis-toi que ton coeur est celui d'une bête sauvage"
Me libérer.
Me libérer de vous. Me libérer de toi.
Mais d'abord, me libérer de moi.
JE ME libère pour partir.
Pour m'envoler.
Pour que mon désir tyrannique ne m'enchaîne plus au sol.
M'envoler parce que le monde m'appelle. Parce je veux me fondre dans le paysage.
Caméléon je suis.
Parce qu'on me confond toujours avec quelqu'un d'autre. Parce que je suis invisible déjà. Depuis toujours.
A côté de quelqu'un d'autre, je disparais. Tu ne me vois plus.
Parce que moi, je n'insiste pas. Si tu préfères du clinquant, du minaudant, c'est ton histoire. Je ne me soumettrai pas. Je suis de la nuit. De la pénombre. De la lune.
Je n'essaierai pas de te séduire. Parce que séduire c'est se mettre à la merci. Et j'ai déjà donné.
Solitaire, de toujours. Misanthrope. Et sans attaches - oh je voudrais oui je voudrais tant parfois, comme si ça empêchait de souffrir, pfffff.
Mais je peux aussi m'évanouir dans le brouillard de mes rêves. Bien plus vite que tu ne le crois. Et bien plus soudainement. Fais moi confiance: bien plus soudainement.
Julie Boitte | avril 2017
Je veux ton souffle, tes mains et ton regard.
Je veux ton audace et tes yeux encore.
Tes yeux toujours, la façon que tu as de les poser sur moi, sans pudeur.
Je veux tes mots. Parfois bateaux, toujours au moment où il faut.
Je veux tes doigts qui courent sur mon cou.
Je veux ta bouche sur mon visage.
Je veux ton rire quand je te défile mes lèvres.
Et je veux ta supplication.
Je veux nos promenades la nuit sous les étoiles, mon visage dans ton cou quand on joue à me cacher.
Je veux ce souvenir pour dans 20 ans, de cette vue appelée "... du paradis" dont tu n'as rien su car il faisait nuit. Et ton sourire et tes mains qui me saisissent un instant avant que je ne m'enfuie. Encore.
Avant que je ne sois vraiment troublée puis rendue à mes démons. Dont la légèreté et l'humour ne font pas partie.
Je veux ce frisson.
Je veux ce frisson de toi. Mieux encore. Et que je m'amuse. Et que tu joues. Mieux encore. C'est comme si nous avions eu notre répétition avant la première.
Même s'il ne doit y en avoir qu'une...
(Ps : je te poserai la question avant "cela peut-il se produire plusieurs fois avec la même?"..)
Julie Boitte | août 2016 en vue d'une soirée de poésie érotique
2# Intact
Il y a eu quelqu'un ici -c'est évident
quelqu'un qui vivait
quelqu'un qui aimait
puis qui est parti
jamais revenu/ jamais
il y a eu quelqu'un
assis sur ce tabouret/ de velours
assi-se se brossant les cheveux/ brosse en nacre/ cheveux d'or
miroir au cadre de bois sculpté
de roses
épanouies
offertes
écloses
elle aussi
ses yeux sont charbonneux
mi clos
sa robe est dégrafée
tombe sur son épaule qui attend d'être embrassée
quelles lèvres viendront ici ce soir ?
Quelle peau viendra contre la sienne après avoir ôté les soies du jupon, les lacets du corset
après avoir gardé les bijoux scintillants
à la lumière dorée/ des bougies
elle attend
se poudrant
se parfumant
Les tentures lourdes sont tirées devant les fenêtres
de la rue on ne distingue qu'une faible lueur
quelqu'un est arrivé ce soir
et elle a tout quitté
tout ce qui avait fait sa vie/ jusqu'ici
pour un ailleurs
un monde plus beau qu'on lui avait promis
depuis le miroir est tout piqué
les flacons sont tout ternis
une fine couche de poussière a tout recouvert
mes chaussures sont lacées jusqu'à mi mollet
les talons pointus ne font qu'une trace légère dans la poussière
je m'assois devant le miroir
je brosse mes cheveux avec la brosse de nacre
les yeux mi clos
j'attends
à la porte de l'appartement, qui viendra frapper ?
Julie Boitte | 10.11.15